Romain Sardou Critique Essay

Après Fernand l'acteur, Michel le chanteur, dans la famille Sardou, je voudrais Romain l'écrivain. J'ai découvert avec satisfaction cette génération de la famille décidément versée dans le culturel. Belle façon de se démarquer de l'ascendance pour Romain, surtout que le talent est là.
« Délivrez-nous du mal » est un roman que l'on classerait de nos jours dans le fantastique raisonnable. Transposé à l'époque à laquelle se déroule l'intrigue, au moyen-âge, il retombe presque dans la normalité puisque son côté fantastique repose sur la croyance au miracle. A la prise en compte de la prédominance de la religion dans ces temps reculés, tout devient possible pour qui veut exploiter la crédulité en agitant le chiffon rouge de la damnation ou en faisant miroiter la félicité de la résurrection.
« Délivrez-nous du mal » est un ouvrage qui retient l'intérêt. En s'appuyant sur une chronologie historique réaliste, l'intrigue est construite avec modération dans ce que le cinéma pourrait traduire en effets spéciaux. Il se lit bien et capte votre intérêt jusqu'à la dernière page. Il vous donne surtout le goût de lire les autres ouvrages de la série de cet auteur dont les titres son tirés de la prière « Notre Père ». Peut-être aurais-je dû commencer par « pardonnez-nous nos offenses », mais chacun peut se lire indépendamment.

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Le fils de Michel Sardou est devenu un écrivain aux multiples facettes : aussi bien auteur de thrillers à succès que traducteur d'écrivains anglo-saxons. Rencontre avec un phénomène.

«Excusez mon retard, je suis tombé en panne d'essence sur le pont Alexandre-III !», glisse Romain Sardou dans un sourire, alors qu'il arrive, un brin essoufflé, dans les bureaux de son éditeur, Bernard Fixot, au 47e étage de la tour Montparnasse… Pas étonnant si cet auteur à succès a parfois la tête ailleurs : il fourmille d'activités et avoue travailler sur plusieurs romans à la fois. Reste que le jeune homme né en 1974, arborant un look d'éternel adolescent, jeans et blouson décontracté, a le chic pour surprendre.

Fils de Michel, il aurait logiquement pu embrasser une carrière de chanteur et entonner : «Il était là dans ce fauteuil/Mon spectateur du premier jour/Comme un père débordant d'orgueil/Pour celui qui prenait son tour…» Petit-fils de Fernand et Jackie, grand frère de Davy, tous comédiens, la passion familiale du théâtre fut à deux doigts de faire de lui un auteur dramatique. Mais, sur le conseil de sa femme, Francesca, Romain Sardou a tourné le dos à la vie de saltimbanque et trouvé dans la littérature le meilleur moyen d'exprimer une créativité certainement héréditaire. Son coup d'essai, un roman médiéval intitulé Pardonnez nos offenses, fut un coup de maître. Sorti en 2002, ce thriller ébouriffant, salué par la critique, s'est vendu à 300 000 exemplaires en France. Le romancier allait-il se contenter de creuser le même sillon ? Surtout pas ! Depuis, il a publié des contes de Noël et n'a pas hésité à se plonger dans d'autres époques : dans son nouveau roman, Quitte Rome ou meurs, il complète avec bonheur et sans complexe la correspondance de Sénèque. L'érudition de cet autodidacte, qui a arrêté l'école juste avant le bac, étonne et fait merveille.

Éclectisme vivifiant

Pourquoi Romain Sardou a-t-il choisi d'écrire une fiction à partir de véritables textes de Sénèque tirés des fameuses Lettres à Lucilius, un classique de la littérature antique romaine ? « J'ai découvert Sénèque au collège, en cours de latin, à travers des extraits. Puis je me suis pris d'une passion qui ne m'a jamais quitté pour cet auteur dont la philosophie, qui vise un bonheur tout simple, très accessible, m'a séduit», dit-il. Depuis des années, le fils aîné de Michel Sardou avait l'idée de s'emparer de Sénèque. Et tout à coup, le déclic. «L'été dernier, je n'arrivais plus à avancer dans le premier tome d'une saga sur l'histoire des États-Unis à laquelle je travaille. J'ai alors décidé de laisser reposer ce gigantesque chantier, et j'ai pensé à Sénèque pour me changer les idées.»

Il est comme ça, Romain Sardou, sa méthode d'écriture est tout en spontanéité. Ainsi, en deux mois, au bord d'une piscine en Floride, chez sa mère, il bouclait avec brio son ouvrage.

Avec ce roman, l'auteur de best-sellers a-t-il l'impression de s'être mué en un écrivain plus «littéraire» ? «Absolument pas, parce que là, j'ai plus de coups à prendre qu'autre chose. J'ai juste exprimé une envie profonde», confie Romain Sardou. Avec une humilité non feinte, il revendique fièrement son statut de romancier populaire. «Cette appellation me va très bien. En plus, elle est juste. Je n'écris pas d'ouvrages élitistes. Mes livres sont simplement là pour permettre aux gens de passer de bons moments. Je n'ai pas de prétention à la littérature, je l'aime beaucoup trop pour cela ! J'ajoute que je ne prétends pas avoir un style. Au contraire, à chaque histoire que je raconte, j'essaye de trouver un ton adapté, particulier», explique cet homme à l'éclectisme vivifiant, qui cite, parmi ses nombreux auteurs favoris, aussi bien Walter Scott, Stevenson, Dickens ou encore Stephen King que Proust, Chateaubriand, Bernanos et Baudelaire.

Curieux de tout, Romain Sardou voue une passion à la traduction. Et pas d'auteurs mineurs. Partageant son temps entre les États-Unis et la Suisse, où il vit avec sa femme et leurs trois enfants, il parle couramment l'anglais, et l'an passé, a traduit en français la correspondance, inédite, entre Francis Scott Fitzgerald et sa fille Scottie. «Mon ami et éditeur Bernard Pascuito m'avait proposé ces lettres. Ce fut passionnant.» Encore plus pointu, ce touche-à-tout s'est attelé à la traduction du poète gallois Dylan Thomas. «J'adore cet écrivain sublime», lance, impromptu, celui qui place Chateaubriand tout en haut dans la hiérarchie des traducteurs, pour son travail sur Milton.

Romain Sardou est un homme heureux et un écrivain comblé. Loin de lui tourner la tête, avoir un père célèbre et être né dans une famille d'artiste lui ont permis de garder les pieds sur terre. «Mon père connaissait tous les risques de la célébrité et m'en a protégé. Et j'ai très tôt su que je ne voulais pas sacrifier ma vie à mon ?uvre.» Une ?uvre bien loin d'être terminée, avec beaucoup d'autres surprises à attendre.

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